LA CARDIOMYOPATHIE

La cardiomyopathie hypertrophique est une maladie incurable, à évolution plus ou moins rapide. Un chat atteint peut cependant vivre de nombreuses années, à condition d’être correctement suivi et sous traitement. Il n’est pas possible actuellement de déterminer l’espérance de vie d’un chat CMH. Chez le maine coon, la maladie est souvent dépistée chez de jeunes sujets (parfois moins d’un an), et l’évolution est très rapide.

Chez le sphynx, elle est plus fréquemment dépistée suite à l’apparition tardive d’un souffle cardiaque (vers 3, 4 ou 5 ans), mais on note des cas de sphynx positifs CMH, âgés de plus de 10 ans et demeurant en très bonne condition physique, grâce à un traitement adapté et à un dépistage précoce.

La CMH doit être considérée comme une maladie génétique. Elle est la conséquence de la survenue d’anomalies sur les chromosomes responsables de la fabrication des différentes protéines constituant le muscle cardiaque. Elle est transmise par les géniteurs dans 70% des cas.

Le chat Sphynx est prédisposé à une forme de Myocardiopathie hypertrophique (CMH ou MCH). L’oreillette gauche (AG) est très dilatée, la cavité ventriculaire gauche (VG) est réduite par l’hypertrophie très importante du myocarde ventriculaire (flèches).

Quand suspecter une myocardiopathie hypertrophique chez le chat ?

Les signes cliniques sont ceux d’une insuffisance cardiaque. Ils sont peu spécifiques et d’intensité très variable. La décompensation peut être très soudaine, sans aucun signe d’appel.

Un nombre non négligeable de chats atteints d’une CMH majeure peuvent pendant longtemps ne présenter aucun symptôme et aucune modification lors d’une auscultation. Ils constituent donc un véritable piège pour le propriétaire, le vétérinaire et le chat. Ce sont en effet des candidats à un « accident cardiaque » tout aussi brutal qu’imprévisible à l’occasion, par exemple, d’une anesthésie pour une intervention aussi banale qu’un détartrage.

Dans les formes d’évolution plus progressive, les signes d’appel peuvent être de la fatigue, une perte d’appétit, un abattement.

Lors de décompensation brutale, ce sont souvent des troubles respiratoires qui alertent le propriétaire. Les CMH peuvent aussi être responsables de thrombo-embolie, se manifestant en particulier par une « paralysie » brutale et douloureuse, le plus souvent au niveau des pattes arrières.

Contrairement au chien, le chat insuffisant cardiaque ne présente que très exceptionnellement de la toux.

L’examen clinique peut être déconcertant, et tout particulièrement l’auscultation cardiaque. Chez certains chats, aucune anomalie n’est décelable. Pour d’autres, certaines modifications peuvent être entendues (souffle, trouble du rythme, galop cardiaque, …). Elles doivent conduire à effectuer des examens complémentaires.

Les myocardiopathies hypertrophiques (CMH) peuvent atteindre des chats de tout âge : de quelques mois à plus de 15 ans. Toutes les races sont concernées, y compris le « chat de gouttière » (chat européen). Le syndrome est décrit dans de nombreuses races : British, Maine coon, Mau égyptien, Norvégien, Persan, Ragdoll, Rex Cornish, Rex Devon, Sphynx, …). Actuellement, des mutations génétiques n’ont été identifiées que dans certaines races (mutation de type A du gène MYBPC3 chez le Maine coon et mutation de type C de ce même gène chez le Ragdoll).

Les tests génétiques ne permettent pas de déterminer l’âge d’apparition et la gravité des symptômes éventuels. Ils ne font que mettre en évidence une mutation sur un gène (plusieurs mutations différentes sont possibles sur un même gène). Une mutation va pouvoir se transmettre à la descendance du chat porteur et de façon plus ou moins importante. Elle peut aussi se produire de façon « spontanée » dans toute lignée de n’importe quelle race. Enfin, il n’est pas exceptionnel de rencontrer dans les « races à risque génétique » comme le Maine coon, des myocardiopathies hypertrophiques dues à d’autres causes (hyperthyroïdie, hypertension artérielle, …). Les tests génétiques ne sont donc qu’un élément diagnostic parmi d’autres et doivent être utilisés et interprétés avec prudence.

Le despitage de la C.M.H.

Le diagnostic n’est pas facile à établir, le chat ne présentant pas forcément de symptômes apparents. C’est un examen clinique par le vétérinaire habituel, (mais qui n’a pas valeur de diagnostic de CMH) qui permet d’établir une suspicion de trouble cardiaque par la découverte d’une anomalie auscultatoire (exemple souffle). Attention toutefois, un souffle au cœur n’est pas pour autant synonyme de CMH et inversement une CMH peut s’accompagner d’une auscultation cardiaque parfaitement normale !

Après la découverte chez un chat adulte, d’un souffle cardiaque apparu soudainement, il est cependant vivement conseillé d’effectuer un dépistage par le biais d’une échocardiographie qui reste actuellement le meilleur examen diagnostic de CMH.

Les traitements proposés dans le cadre de la C.M.H

S’il existe pour les humains, des options chirurgicales (Myotomie-myectomie septale, alcoolisation septale, pose de stimulateur cardiaque) dans le traitement pour la CMH, les traitements proposés pour améliorer le confort de vie des chats atteints sont, à l’heure actuelle, essentiellement médicamenteux :

 Pour certains d’entre eux, cependant rarement utilisés chez le chat (plus chez l’homme), quelques effets indésirables sont à déplorer, tels que des troubles digestifs, des troubles visuels, une hypersensibilité au soleil (attention aux sphynx qui s’exposent au soleil) et des allergies cutanées.

Tous ces effets indésirables sont toutefois réversibles mais un contrôle chez un vétérinaire ophtalmologue est recommandé si apparaît le moindre doute de problème affectant la vision du chat.

 

Conclusion

Tous mes adultes/ reproducteurs sont testés au minimum 1 fois par an auprès de mon vétérinaire cardiologue. (Clinique vétérinaire des Arches à Cahors : Dr Prenant)

Vous pouvez me demander le résultat des tests des parents, par contre j’attire votre attention :

Ce n’est pas parce que les parents sont négatifs aux tests de dépistage, que les chatons restent indemnes de la maladie. Il peuvent être porteur sans déclarer la maladie ou être positif avec comme premier symptômes un souffle cardiaque.

Il faut toujours rester prudent et toujours demander un second avis.